dimanche 5 mai 2019

DU MINIMALISME AU ZERO DECHET

Les symptômes de l’encombrement :

Depuis de nombreuses années je souffrais d’un mal surprenant, celui de l’encombrement ! je ne pensais pas qu’il soit possible de souffrir de TROP. Trop d’objets, trop de tâches à effectuer, trop de projets, trop de contacts, d’amis, trop d’informations et en parallèle de manquer de temps et de bras.
Les symptômes étaient les suivants :
Fatiguée des toutes ces tâches répétitives, des mails qui s’accumulent dans ma boîte ou du courrier papier qui s’empile sur mon bureau, trop de Noëls à fêter avec la famille qui s’agrandit et trop d’anniversaires qui se bousculent dans l’agenda papier ou pire virtuel. Impression de ne jamais terminer un projet, perte de documents, oubli de rendez-vous et accumulation d’objets qu’on veut nous faire croire indispensables à notre bonheur, dans les armoires de chacune des pièces de mon logement. Envie de vacances loin de chez moi pour enfin commencer à être au lieu de faire. Car ne l’oublions pas si notre rôle était de constamment faire, nous serions des « faire humains » et non des êtres humains. Je ne rêvais non pas de vacances les doigts de pied en éventail, mais des journées où il y aurait de la place pour les loisirs, la création, les rencontres avec les autres mais surtout avec moi-même, car à force de courir on passe à côté de la vie et au final on perd un temps qu’on ne retrouvera plus.

Les solutions :

Pour moi la solution était le désencombrement à tous les niveaux et nous avons eu, mon mari et moi, un stimulus génial qui nous a obligé de choisir cette solution : quitter la Suisse et déménager 6 fois en moins de 4 ans. Et les déménagements coûtent cher et même si nous venons de Suisse nous ne sommes pas nés avec des lingots dans la bouche. La neige, les montagnes, le chocolat ok, mais les comptes en banque bien garnis, c’est souvent un mythe sauf peut-être pour les étrangers qui viennent y placer plus ou moins légalement leurs économies…
A l’époque nous avions un fourgon et notre fidèle voiture mais surtout 150m3 à déplacer sur 700km. Il a fallu de nombreux aller-retours car notre budget ne pouvait nous permettre un déménagement pro et international. Mais avant nous avons décidé de faire un tri et avons appliqué la méthode de Marie kondo, une petite japonaise qui a écrit « la magie du rangement » une méthode révolutionnaire pour nous et qui a porté ses fruits puisque nous nous sommes retrouvés avec 100m3. Donc un tiers de nos objets sont partis en vente, dons et déchetterie. A ce sujet j’ai donné en Suisse un cours d’une journée pour transmettre cette expérience et je crois pouvoir dire que les participants ont apprécié d’apprendre une façon innovante de faire du désencombrement au travers de tout ce que j’ai expérimenté. Car il ne s’agit pas de rangement, ça on sait le faire et les grandes enseignes nous proposent chaque printemps un nombre extraordinaire de contenants aussi mignons et pratiques, les uns que les autres. Expérience faite, je peux affirmer que plus nous déménagions et plus nous nous sentions légers et le dernier en date nous a permis de déplacer 2x 20m3 et de tout mettre en place en 2 jours.
Autant vous dire qu’il n’est pas nécessaire de déménager pour se désencombrer, car même 40m3 et même en louant soi-même un camion, la facture reste tout de même douloureuse à la fin du mois !
Ce désencombrement prenait au fur et à mesure des airs de minimalisme. En effet pourquoi avoir dans ses armoires des habits qui souvent sont passés de mode ou trop serrés, car on rêve toutes de perdre les quelques kilos accumulés…depuis quand déjà ? et ces multiples casseroles, verres, assiettes au cas où… car on a peur de manquer et après avoir mis tant d’énergie et d’argent à accumuler des biens qu’on croyait indispensables à notre bonheur, on imagine que de s’en séparer nous fera une peine insurmontable.
Et que dire de ces produits de nettoyages aussi nombreux que les différentes taches à effacer ou les produits cosmétiques, un pour chaque partie du corps, mains, pieds, visage, buste, ventre, jambes et pour tout ce qui risque d’arriver si on ne pense pas aux rides à 20 ans déjà !
Et je ne parle pas de tout ces livres que nous ne lirons certainement pas une 2ème fois comme les romans dont on connait la fin et de tout ce que nous glissons virtuellement dans notre ordinateur avec la vague idée qu’un jour on triera, classera. Oh la belle blague car lorsque nous sommes à ce point encombrés dans notre vie, nous souffrons de « chronophagite » aigüe, nous n’avons plus assez de temps dans une journée qui elle a toujours 24 heures. Mais alors comment faisaient nos grand-mères ou arrière-grands-mères qui n’avaient pas de machines à laver, qui cuisinaient véritablement et jardinaient et raccommodaient ? elles ne travaillaient pas 8 heures par jour et 5 jours par semaine dans un bureau à 1 heure de route, peut-être mais surtout, le soir elles écossaient les petits pois devant la cheminée ou raccommodaient ou tricotaient ou cousaient en se racontant des histoires en famille ou avec des voisins. Pendant que nous, nous passons en moyenne et de manière récréatives 6 heures par jour devant un écran (téléphone, ordi, télévision) et plus chez les enfants et ados !

Donc au final, nous travaillons pour payer des crédits de logement que nous occupons relativement peu, pour acheter des objets souvent superflus et des aliments tout préparés qui nous empoisonnent en attendant la retraite pour enfin faire ce qui nous plait et nous enrichit intellectuellement et affectivement., mais à ce rythme aurons-nous encore la santé ?

Je pense qu’il est important de trouver un équilibre afin d’être en harmonie au quotidien. Avoir des objets qui nous plaisent et qui sont utiles et ne surtout pas multiplier les exemplaires. En ce qui concerne les habits je vais prendre un exemple, les jeans. Dans une autre vie, tant cela me semble si lointain, j’avais 2 ou 3 paires de jeans plus ou moins semblables ainsi que quelques exemplaires usés que je réservais pour le ménage, le jardinage ou la peinture. Ainsi que des trop petits au cas où et des devenus trop grands par peur de reprendre quelques kilos…Aujourd’hui j’en ai un correct, reçu gratuitement et presque neuf, car la fermeture était cassée. Pour le prix d’une nouvelle fermeture et 30 minutes de couture, me voilà avec mon jeans de sortie. Puis j’en ai un pour la maison et 2 autres coupés l’un en bermuda et l’autre en short.
Autre exemple : crème pour le visage. Je la fais moi-même avec 3 ingrédients issus de l’agriculture biologique et sans ajout de rien d’autre. Pour le corps idem, une crème onctueuse faite en quelques minutes et au coût dérisoire puisque je ne paie que les ingrédients et plus de marque. Pour me laver un véritable savon de Marseille français à la lavande et pour les cheveux un savon solide.
Dans mes armoires de cuisine je n’ai plus 12 à 18 pièces de chaque, assiettes, verres service. Mais 6 pour la plupart et si un jour nous sommes 12 à table, j’irais sonner chez la voisine !

Les résultats :
Un gain de temps, car l’entretien de ma maison est plus rapide, car moins d’objets à déplacer. Gain de temps également car je sais exactement où est ce que je cherche. Donc plus de temps à consacrer à ma famille, mes amies et à MOI.
Plus d’espace, plus d’air dans ma maison et plus de calme, car mes yeux ne me rappellent pas sans cesse de ranger. Donc calme intérieur, sérénité et plus de joie de vivre et d’être simplement. Je peux disposer ainsi de mon énergie pour aller marcher par exemple. Ceci est mon expérience, mais Marie Kondo a également constaté des changements chez les personnes qui désencombrent vraiment leur maison :

MIEUX SE CONNAITRE
Idée très précise de ce que les personnes veulent faire de leur vie par exemple en observant ce qu’il leur tenait à cœur de garder. Perso c’était les coupons et chutes de tissus et cela m’a poussé à m’orienter vers une activité d’artisanat, ce qui est relativement nouveau pour moi, car l’envie était là mais le temps manquait.

AMÉLIORER LA CONFIANCE EN SOI
Car ça renforce la capacité à prendre des décisions. Lorsque chaque objet nous demande de choisir ce qu’on va en faire, cela nous oblige à prendre des décisions et développe notre confiance en soi par la répétition de ces décisions prises de multiples fois.

CHANGEMENTS DANS L’APPARENCE PHYSIQUE
Plus mince, amélioration de la qualité de la peau, regard plus lumineux, car dans un appartement épuré, moins de poussière et plus de temps pour s’occuper de soi, faire du sport, bouger.

MOINS DE STRESS
Car on sort du stress de l’hyper consommation et de l’attente du facteur extérieur pour être heureux. Cela donne un sentiment d’insécurité permanente.

FAIRE DU TRI REND PLUS HEUREUX
Le désir matériel diminue. Et quand on a choisi de garder seulement les objets qui nous rendent heureux, on se retrouve avec un sentiment de gratitude et la gratitude est le plus fort sentiment au monde, c’est celui qui nous rend vraiment heureux.


Les conséquences :

Lorsqu’on accumule des objets comme je l’ai fait pendant tant d’années, il arrive qu’on soit dans l’obligation de nous séparer de ce qui est de mauvaise qualité, ce qui est cassé ou ne fonctionne plus. Lorsqu’on va au supermarché pour s’alimenter, on se retrouve avec des montagnes de contenants ou d’emballage, en plastique, en carton, en boîtes métalliques et en bouteilles. Dans mon autre vie, nous allions chaque semaine à la déchetterie. C’était à nous de séparer tous ces matériaux et nous avions dans notre cave une dizaine de bacs dans lesquels nous dispatchions tout matériel indésirable ou inutile.
En revenant de la déchetterie où s’accumulaient des montagnes de déchets, certains recyclables mais également d’autres qui finissaient brulés, nous avions ce sentiment comme expliqué plus haut, de liberté, propreté, légèreté alors que nous n’avions fait que de déplacer le bazar avec pour conséquence un accroissement de la pollution, de gaspillage d’énergie et c’est notre planète qui devenait poubelle et je ne parle même pas de nos océans, qui nous semblaient si éloignés de notre Suisse à  l’apparence proprette….
Donc ce fut une évidence de s’orienter vers ce mouvement de zéro déchet. Ayant un magasin bio, nous étions déjà très concernés par le suremballage. Les biscuits emballés séparément, puis dans un carton, puis par 12 dans un autre carton et tous les cartons entourés de film plastique sur les palettes. Des heures que nous passions avant de mettre le produit sur les étagères et que se passait-il chez nos clients ? des poubelles débordantes d’emballages à recycler ou bruler et tout ceci au prix d’arbres abattus pour rien, de gaspillage d’énergie et d’augmentation de pollution de l’air, de la terre et des eaux.
Donc c’est tout naturellement que nous avons cherché des solutions. Nous avons proposé par exemple à nos clients des produits de base en vrac, puis j’ai organisé des journées de recyclage de tissus pour avoir des contenants parfaits pour faire ses courses. Arrivée en France, j’ai puisé des idées sur les réseaux sociaux et notre poubelle a fondu, celle de 30 litres a été remplacée par une de 10, puis de 5. De faire mes courses avec des contenants pour tout, solide, liquide frais comme le poisson ou fromage, fait que de retour des courses mes aliments passent du panier aux armoires, presque sans déchet ou emballage à jeter. J’ai si bien avancé sur ce chemin souvent crée par des jeunes, parfois plus jeunes que mes propres enfants, que désormais, dans ma salle de bains ou ma buanderie, je passe du vrac au fait maison. Plaisir de faire, baisse du prix, minimum de produits donc d’emballages et minimum d’emballages car grands conditionnements.

Et une des conséquences, et probablement la plus importante, c’est que du minimalisme au zéro déchet est la meilleure façon de préserver la planète et SA SANTÉ, celle de son corps, de sa peau, et de son environnement. Ce retour au naturel, à la simplicité est un des piliers importants de la santé, pour celui qui veut en être acteur.

Et c’est le sujet de ma prochaine conférence, être acteur de sa santé, qui aura lieu :
samedi 11 mai à 14.00 au Tiers-Lieu "le Champ des Possible" à Saint-Sulpice-de Roumagnac.







Belle semaine à tous!
Maud